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Le littoral du Oays de Caux
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Le plateau du Pays de Caux |
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Le plateau du Pays de
Caux à Gerponville
Fécamp 1:50 000, IGN, éd. 1989 |
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Le Pays de Caux est un plateau crayeux d'âge crétacé,
tapissé d'argile à silex qui le rend partiellement imperméable.
Sa surface sommitale est relativement régulière, en pente douce vers la
mer : 120-130 m au sud de la carte de Fécamp, 70-90 m sur le littoral,
avec des variations notables.
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Vallées et
valleuses
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La vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Le plateau est entaillé de nombreuses vallées qui présentent
un encaissement d'environ 70m.
La direction générale correspond à une flexure NW-SE des terrains sédimentaires
qui rend compte de la direction des cours d'eau sur l'ensemble du Pays
de Caux.
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La vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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En arrivant sur le littoral, la partie inférieure des
vallées a été supprimée par érosion régressive.
Les vallées sont devenues des valleuses, plus ou moins abruptes, plus
ou moins creusées en fonction de la vitesse du recul des falaises qui
a empêché le raccordement progressif au niveau de base.
Certaines abritent des villages, d'autres sont vides ; la plupart sont
sèches et bénéficient d'une certaine immunité karstique.
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Un littoral à falaise
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La falaise à l'est de
Penly
Dieppe - Eu 1:25 000, IGN, éd. 1999 |
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La côte du Pays de Caux est une côte à falaises.
Taillées dans la craie, avec des bancs de silex intercalés, celles-ci
ne sont pas spécialement résistantes à l'érosion marine, mais leur recul
est généralement assez limité de nos jours.
Un platier rocheux et une plage de galets les protègent en effet des assauts
quotidiens.
Seules les périodes de haute mer permettent à l'érosion mécanique de reprendre
son efficace travail de sape : les galets, charriés par les vagues, sont
redoutables pour la base de la falaise.
La côte porte le nom de Côte d'Albâtre, en raison de
la blancheur des falaises de craie.
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Un milieu rural original
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Un habitat rural spécifique : la masure |
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Le Câtelet, Ancourteville-sur-Héricourt
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Le Pays de Caux présente une forme d'habitat rural particulièrement
originale : la "masure".
La masure est un enclos ceint d'un talus planté de hêtres ou d'arbustes
; l'enclos est une prairie complantée de pommiers à cidre ; les bâtiments
d'exploitation s'éparpillent dans cette enceinte, comme on peut le distinguer
sur l'extrait ci-contre.
Cette forme d'habitat rural est ancienne : il a été prouvé
qu'elle était antérieur à la conquête normande (rappelons que cette conquête
est sanctionnée par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911) !
Elle se révèle aujourd'hui assez peu adapté aux exigences modernes de
rentabilité, mais perdure obstinément.
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La permanence des structures spatiales
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Ouainville
Fécamp n°3-4 1:25 000, IGN, éd. 1960 |
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Les structures spatiales du Pays de Caux font en effet
preuve d'une certaine permanence, malgré les bouleversements profonds
de ce dernier demi-siècle.
Le remembrement reste peu visible, même si le Pays de Caux est aujourd'hui
un openfield à îlots bocagers.
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Ouainville
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Les bâtiments agricoles n'ont pas évolué en 30 ans ;
les chemins d'exploitation n'ont subi que de légères retouches, sans doute
liées au remembrement.
Remarquer l'allure d'openfield de terres environnantes (ne pas confondre
les limites administratives avec des haies !) et les îlots bocagers (les
"masures").
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Une région agricole
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Ancien moulin de la vallée
de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Comme l'indiquent les toponymes de "plaine" (plaine de
Vaudreville, de Janville, de Longuemare...), les productions agricoles
sont d'abord céréalières et le sont depuis longtemps, comme en témoigne
cet ancien moulin, installé sur la Durdent en amont de Cany-Barville.
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Minoterie de Robertot,
vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Mais les productions céréalières continuent d'alimenter
des moulins modernisés ainsi que plusieurs minoteries, comme celle-ci,
située un peu en amont.
Noter la source captée, signe de la circulation karstique du plateau cauchoix,
qui alimente une cressonnière.
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Ancienne linerie des
Basses Eaux.
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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A ces cultures céréalières, les paysans cauchoix ajoutent
des cultures industrielles, en fonction du marché : lin, betterave à sucre,
légumes, colza...
Le traitement du lin, encore actif en 1960 avec 4 établissements dans
la vallée de la Durdent, n'est plus une activité de rapport aujourd'hui
: les anciennes lineries, localisées sur le fleuve en raison de leurs
besoins en eau, ont fermé, comme celle en amont de Grainville.
Une seule demeure.
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Les serres de Vittefleur
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Des activités plus rémunératrices se sont installées
depuis 1960, surtout des cultures sous serre.
Noter les facteurs de localisation : proximité du fleuve pour l'approvisionnement
en eau, proximité des routes pour l'approvisionnement en intrants et l'écoulement
de la production, en fond de vallée pour éviter le plateau cauchoix, battu
par les vents, qui entraînent des frais de chauffage supplémentaires.
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Abattoirs et laiterie
à Cany-Barville
Fécamp 1:50 000, IGN, éd. 1989 |
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Mais les herbages conservent une partie importante de
la surface agricole utile.
L'élevage laitier (voir laiterie ci-contre) est aujourd'hui complété par
un élevage à viande (abattoirs sur la même zone).
La vache normande, symbole par excellence de la région, est fortement
concurrencée par la Française-Frisonne-Pie-Noire.
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Elevage à Janville
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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D'autres types d'élevage se sont développés ponctuellement,
telle cette ferme, dont le bâtiment principal laisse penser à un élevage
avicole en batterie.
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Le Pays de Caux demeure une région rurale aux activités
agricoles très développées.
Le maintien des fortes densités rurales constatées s'explique par cette
agriculture intensive, mais aussi par la présence d'une nombreuse population
ouvrière.
Les activités industrielles et touristiques sont même à l'origine d'un
certain repeuplement des campagnes.
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Le développement industriel et touristique
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La centrale nucléaire de Paluel
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Le Fond des communes
avant la centrale
Fécamp n°3-4 1:25 000, IGN, éd. 1960 |
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En 1960, l'emplacement de la future centrale n'est encore
qu'une petite valleuse, autrefois exploitée en carrière de craie.
Le site, littoral sur une mer fraiche, convient bien à l'édification d'une
centrale nucléaire, dont les besoins en eau de refroidissement sont énormes.
La proximité des industries de la vallée de la Seine assure d'importants
débouchés à l'énergie produite.
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La centrale nucléaire
de Paluel
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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La construction de la centrale nucléaire de Paluel a
démarré en 1975 et a duré 10 ans.
La valleuse a été élargie et recreusée pour mettre la centrale pratiquement
au niveau de la mer.
Le platier rocheux a été creusé pour permettre l'arrivée de l'eau de refroidissement
et un brise-lame a été mis en place.
Quatre réacteurs, bien visibles, sont au coeur de l'installation. Une
route mène, sur le plateau, aux bâtiments administratifs.
Un centre de formation EDF a été installé, à gauche, près de la falaise.
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La centrale EDF emploie aujourd'hui 1200 personnes, auxquelles
il faut ajouter une cinquantaine d'emplois liés au centre de formation
EDF et 400 à 500 personnes pour la maintenance. Elle a contribué au maintien
de fortes densités locales. De nouveaux lotissements, inexistants en 1960,
ont ainsi été installés à Saint-Sylvain. Les redevances versées par EDF
aux collectivités locales ont enrichi les communes environnantes.
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Un certain développement industriel
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La zone industrielle
de Cany-Barville
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989 |
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Le développement industriel, sans être considérable,
a tout de même permis l'établissement de nouveaux équipements, comme la
zone industrielle de Cany-Barville, inexistante en 1960.
On peut supposer que la présence de la centrale nucléaire a permis une
énergie à moindre coût et a favorisé l'implantation de nouvelles industries,
probablement toujours liées à l'agroalimentaire.
Noter la présence des nouveaux lotissements individuels sur le versant
oriental de la vallée, moins abrupt que l'occidental en raison de la présence
de deux vallées sèches affluentes.
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Un développement touristique ponctuel
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Saint-Valéry-en-Caux
Saint-Valéry-en-Caux 1:25 000, IGN, éd. 1991 |
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Comme la plupart des stations de la Côte d'Albâtre, Saint-Valéry-en-Caux
souffre de plusieurs handicaps : une mer froide, un climat changeant,
c'est-à-dire pluvieux et venteux, de "désolantes et abominables plages
de galets" si l'on en croit Pierre Estienne...
Ces handicaps sont faiblement compensés par la proximité de Paris. Il
est vrai que les falaises cauchoises ne sont que rarement échancrées.
Le développement touristique est donc resté très ponctuel.
La voie ferrée, qui amena jadis les touristes du week-end de Paris, est
aujourd'hui délaissée au profit de l'automobile.
Le tourisme est celui d'une clientèle familiale locale, au mieux régionale,
de passage pour la journée.
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