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Les montagnes, entre traditions et nouveaux usages

Montagne et tourisme : Samoëns Haut Giffre (Alpes du Nord)
Un milieu en déprise : la moyenne montagne cévenole (en chantier)
Clermont-Ferrand, au coeur du Massif Central

 

 
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par
Christophe
Clavel

Ministère de l'Education Nationale
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Montagne et tourisme : Samoëns Haut Giffre (Alpes du Nord)
 

Extrait de la zone commentée
1:250 000, IGN, éd. 1999

Vue d'ensemble
 

La montagne passe pour un espace naturel peu modifié par l'Homme.

Les Alpes du Nord ont pourtant été profondément transformées et revitalisées par l'activité touristique.

C'est également vrai pour la petite station de Samoëns.

 

Plan de fiche

Relief
Réseaux de communication
Activités économiques

 

 

Relief

Une montagne glaciaire

Les formes acérées d'une montagne jeune
 

Le Mont Blanc
Chamonix 1:25 000, IGN, éd. 1996
 
L'aiguille verte
Chamonix 1:25 000, IGN, éd. 1996

 

Une montagne se définit par trois critères : volume, altitude et pentes. L'espace des Alpes du Nord présenté répond aisément à ces caractéristiques. Quelques kilomètres à l'est de Samoëns se trouve le Mont Blanc, avec ses 4808 m.

 

 

Les Alpes sont des montagnes jeunes, comme en témoigne le modelé et la toponymie : dent, pic, aiguille, arrête... Les formes sont acérées, les pentes souvent subverticales. L'altitude, conjuguée à de fortes précipitations (1300 mm par an à Chamonix, 3000 mm aux Aiguilles Rouges), permet l'alimentation de grands champs de neige.

 

Un musée glaciaire

 


Le glacier de Tré les Eaux
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

 


Le lac du Vieux Emosson
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996

 

La région garde une forte empreinte glaciaire. Tous les types de glaciers alpins sont représentés : des glaciers de cirque comme celui de Tré les Eaux (dont l'exposition au nord a permis sa conservation malgré des altitudes relativement modérées de 2200 à 2600 mètres)...

 

 

 

... parfois transformés en lacs glaciaires, comme le lac du Vieux Emosson, exposé plutôt au sud, juste de l'autre côté de la frontière suisse...


La Mer de Glace et le massif du Mont Blanc
Annecy Lausanne 1:100 000, IGN, éd. 1998
 

... ou aussi des glaciers de vallée, comme la Mer de Glace. La Mer de Glace (A) se situe sur le versant sud, orienté au nord ; sa zone d'approvisionnement (B) se trouve sur le versant français, le massif du Mont Blanc. Noter que les glaciers du versant italien (C), exposés au sud, ne se sont maintenus qu'à des altitudes bien supérieures.

 

La confluence Tacul-Leschaux
Chamonix 1:25 000, IGN, éd. 1996
 
Les séracs de Taléfré
Chamonix 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

Les glaciers sont comparables à des cours d'eau, mais leur vitesse d'écoulement est évidemment bien moindre. Comme les cours d'eau, les glaciers ont des confluences, comme celle des glaciers du Tacul (A) et de Leschaux (B). Cette confluence majeure donne naissance à la Mer de Glace. Noter en (C) une confluence mineure : un glacier affluent se jette dans le glacier du Tacul.

 

 

Les glaciers ont parfois des chutes, comme les séracs de Taléfré : une rupture de pente trop importante entraîne le fractionnement de la langue glaciaire en un système de crevasses, dangereuses pour les randonneurs : les séracs. Noter l'abondance des dépôts arrachés aux massifs environnants : les moraines.

Des vallées en auge
 

La vallée du Giffre
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 
La vallée du Giffre
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

Le modelé glaciaire est également présent à l'aval des glaciers actuels. Les vallées alpines ont été façonnées par de puissants organismes glaciaires et présentent aujourd'hui un profil en auge caractéristique : fond plat et versants adoucis. C'est le cas de la vallée du Giffre : on voit bien que le torrent actuel n'a pu avoir la capacité de creuser une vallée de cette dimension. Sa largeur est de 1 km au bas mot.

 

Le recul des glaciers alpins, qui autrefois descendaient jusqu'à Lyon, a laissé un héritage glaciaire composé de larges vallées de ce type, souvent plus imposantes que celle du Giffre. L'exemple le plus achevé est le Grésivaudan, vallée glaciaire de l'Isère en amont de Grenoble, large de 4 km !

 

 

Réseaux de communication

Une montagne accessible

Une montagne aérée
 

La cluse de Chambéry
Grenoble Mont-Blanc1:100 000, IGN, éd. 1998
 

Les larges vallées glaciaires comme celles du Grésivaudan ont évidemment fixé les principaux axes de communication, en suivant l'organisation générale du relief, c'est-à-dire une direction NE-SW. Mais il existe aussi dans les Alpes des vallées transversales, qui recoupent les plis en droite ligne : les cluses. C'est le cas de la cluse de Chambéry, ci-contre...

 

La cluse de Thônes
Annecy Lausanne 1:100 000, IGN, éd. 1998
 

... ou de celle de Thônes, ci-dessous, de moindre dimension, mais qui permet de relier, à travers le massif des Bauges, les stations des Aravis (La Clusaz, le Grand-Bornand) à Annecy, dont on aperçoit le lac. Là, on rejoint l'autoroute vers Lyon ou Genève. Les cluses alpines conjuguées aux grandes vallées glaciaires forment ainsi un véritable quadrillage naturel. Les Alpes du nord sont bien des montagnes aérées !

 
La densification du réseau de communication

 

Les grandes vallées glaciaires ont guidé les voies de communication, mais le développement des sports d'hiver et du tourisme de masse a conduit à une densification des réseaux et donc à une concurrence spatiale de plus en plus intense. L'autoroute pénètre aujourd'hui au coeur du massif alpin.

 


Sallanches et la vallée de l'Arve
Cluses 5-6 1:25 000, IGN, éd. 1943
 
Sallanches et la vallée de l'Arve
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

Ainsi, en 1943, la vallée de l'Arve, au nord de Sallanches, ne compte qu'une route et une voie ferrée, gênées vers le nord par les divagations de l'Arve, qui se divise en chenaux anastomosés, avec de nombreuses îles forestières.

 

En 1996, le cours de l'Arve a été régularisé au prix d'importants aménagements spatiaux. L'Autoroute Blanche A40 a été bâtie sur les terrains ainsi dégagés (A), de même que le petit aérodrome du Mont Blanc (B). Deux plans d'eau voués à la baignade et aux sports nautiques ont été créés. Noter le développement considérable des activités (bâtiments industriels, centre commercial, zones de stockage). La population permanente de Sallanches a plus que doublé, passant à 13 000 aujourd'hui, comme en témoigne la présence d'un hopital (C), absent en 1943, et d'une infrastructure scolaire et sportive conséquente (écoles, collège, stade, gymnases (D)).

 

Des réseaux acrobatiques

 

L'exiguité des sites et les concurrences spatiales ont entraîné des conditions de construction particulières, à flanc de montagne, acrobatiques et donc coûteuses.Ce coût est évidemment justifié par les masses de population affluant dans les Alpes pendant les périodes de congés, pour les sports d'hiver et, de plus en plus, pour la saison estivale. L'Autoroute Blanche A40, qui mène à Chamonix, est ainsi longue de 110 km et multiplie les ouvrages d'art :

 

* des kilomètres de voies sur remblais, notamment en raison de la proximité des torrents glaciaires ;

 

* des voies sur viaduc en raison de concurrences spatiales particulièrement aigües : au fond de la vallée, on distingue la présence de la voie ferrée qui a rendu le viaduc obligatoire...

 

 

* des voies accrochées à flanc de montagne, en tunnel, sur ponts...


L'Autoroute Blanche A40 au nord de Sallanches
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 
L'Autoroute Blanche A40 entre Sallanches et Chamonix : le viaduc des Egratz
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 
L'Autoroute Blanche A40 dans les Gorges de l'Arve
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996

 

 

Activités économiques

Une montagne touristique

Samoëns : site et situation
 

La vallée du Haut Giffre
Haute-Savoie 1:125 000, IGN, éd. 1998
 

Situé dans la vallée du Haut Giffre, Samoëns ne jouit pas d'une situation exceptionnelle, un peu à l'écart des grandes vallées alpines, en position de bout-du-monde, dernière vallée avant la remontée vers les massifs alpins centraux. La Suisse est de l'autre côté des montagnes, vers l'est. Aucune voie de communication transfrontalière. A priori une zone peu favorisée par la géographie.

 

Le site de Samoëns Samoëns
Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

Le site est classique : Samoëns s'est installé à une confluence glaciaire, les vallées du Clévioux et du Giffre. Les glaciers ont aujourd'hui disparu et ont laissé de belles vallées en auge. Le Giffre est un torrent qui, hors des périodes de crues, divague paisiblement en chenaux anastomosés. Les zones inondables sont restées forestières.

La vallée du Giffre est transversale, grossièrement orientée est-ouest. L'inclinaison des rayons solaires définit ainsi un adret et un ubac. L'adret est le versant nord de la vallée : exposé au sud, il bénéficie d'une meilleure illumination ; l'étagement de la végétation est décalé vers le haut ; c'est le versant des villages et des cultures. L'ubac est le versant sud, dont l'exposition nord lui confère le privilège d'être le versant à l'ombre (ubac = opaque) ; c'est le versant de la forêt et du domaine skiable...

 
L'étagement du domaine skiable

 

Le développement du tourisme de sports d'hiver résulte de la conjonction de plusieurs facteurs. Il y faut une forte population à haut niveau de vie bénéficiant de congés payés (régions lyonnaise et parisienne), une zone de montagne accessible avec un enneigement important et durable.

 


Le domaine skiable de Samoëns
Chamonix 1:100 000, IGN, éd. 1955
 

En 1955, les activités touristiques sont encore embryonnaires. Sur l'ensemble du domaine skiable, deux téléskis seulement sont en place ; le village de Samoëns demeure un gros village alpin de 1600 habitants. Le versant est parsemé de chalets, dont la plupart servent aux éleveurs ou aux forestiers (scieries).

 

Aujourd'hui, les activités de sports d'hiver se sont développées à tel point que Samoëns, qui n'est encore qu'une petite station familiale, a dû dédoubler son domaine skiable, afin d'étendre les pistes disponibles et de prolonger la saison par un enneigement plus durable sur des pistes plus élevées.

 


La station de Samoëns 1600
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

La station de Samoëns 1600 s'est installée sur le "Plateau des Saix" : on y accède depuis Samoëns par les téléskis et télésièges que l'on distingue vers le nord ou par la route (en jaune) qui serpentent vers l'est. De nouveaux immeubles ont été construits pour l'accueil et l'hébergement des skieurs. Les téléskis qui partent vers le sud assurent l'interconnexion avec le domaine skiable supérieur.

 

La tête du Pré des Saix
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

Vers 2100 m d'altitude se trouve la Tête du Pré des Saix. Le sommet est littéralement pris d'assaut par les téléskis et télésièges. Nous sommes ici sur les alpages : la forêt sur versant à l'ombre a laissé la place vers 1500-1600 à la prairie alpine, idéale pour le ski de descente. Les skieurs, plus rentables, ont donc remplacé les vaches dans l'économie locale.

 

Les télésièges qui montent depuis le sud font la jonction avec les pistes de la Combe Vernant et la nouvelle station de Flaine...

 


La station de Flaine
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 

La station de Flaine n'existait pas en 1955 : il n'y avait sur place qu'une dizaine de chalets. En 1996, cette nouvelle station du bout du monde a envahi l'espace : une vingtaine d'immeubles et autant au nord-ouest dans la station secondaire des Gérats. Noter les aires de stationnement (P) qui rappellent que c'est l'automobile qui a permis tout cela.

 

Remarquer la vallée en cul-de-sac et son accès à travers le versant nord plutôt que par les escarpements rocheux de l'ouest. La station ne vaut que par sa position centrale, créée par un ancien glacier de cirque, au milieu d'un très vaste domaine skiable. Flaine doit vraiment son existence aux sports d'hiver.

 

L'intensification touristique

 

L'activité touristique s'est également diversifié dans le temps et intensifiée dans l'espace. Aux sports d'hiver sont venus s'ajouter, depuis une trentaine d'année, des activités estivales. C'est ainsi qu'au fil des cartes on a pu noter des symboles touristiques peu hivernaux : vol libre à Samoëns 1600, golf de Flaine à 1900 m, cours de tennis un peu partout, piscines de plein air, campings, sites d'escalade équipés, sentiers de grande randonnée (GR96 et GR5), centres équestres, activités nautiques... On peut s'amuser à les repérer sur les deux extraits ci-dessous.

 


Les activités touristiques à Morillon
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996
 
Les activités touristiques à Samoëns
Samoëns Haut Giffre 1:25 000, IGN, éd. 1996

 

Dans le même temps, les activités hivernales poursuivent leur développement. C'est ainsi que de nouveaux équipements ont vu le jour. A titre d'exemple, voici les aménagements prévus ou réalisés pour les années 1999, 2000 et 2001 pour les stations du Grand Massif, i.e. Samoëns, Flaine, Morrillon, les Carroz et Sixt, toutes alignées sur un périmètre de 4 à 6 km autour de la Tête du Pré des Saix :

- Renforcement du parc de damage
- Nouvelle signalétique accueil et pistes et du système d'information clients
- Augmentation du débit de la télécabine de Morillon
- Refonte complète du parc de damage Nouveaux parkings, travaux de pistes et d'enneigement artificiel (piste des Marmottes)
- Réaménagement complet de la combe de Vernant avec l'implantation de trois nouveaux télésièges (un télésiège 6 places débrayable, un télésiège 4 places débrayable, un télésiège 4 places à pinces fixes) et un téléski afin de permettre une liaison fluide et sécurisée entre Flaine et les autres stations du Grand-Massif
- Construction d'un télécorde sur le secteur débutant de Flaine Forêt (suppression des files d'attente et confort)
- Remodelage des pistes de la combe de Vernant (élargissement, suppression des obstacles)
- Travaux d'amélioration des pistes et d'enneigement artificiel
- Renforcement des moyens de protection (câblage des trous, filets de protection, etc.)
- Travaux de pistes et d'enneigement artificiel
- Augmentation du débit du téléski de Plein Soleil
- Nouveau télésiège 4 places débrayable aux Esserts Nouvelle télécabine à Samoëns (dec 2001)
- Nouveau télésiège 8 places débrayable entre Flaine et Samoëns pour le retour du Grand-Massif (1er en France).

La ruée vers le nouvel or blanc ne date pas d'hier, mais on ne peut pas dire que la fièvre soit retombée !

 

 

 

 


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