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Les littoraux, espaces attractifs

Littoral et tourisme : Sète, Cap d'Agde et le bassin de Thau
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par
Christophe
Clavel

Ministère de l'Education Nationale
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Littoral et tourisme : Sète, Cap d'Agde et le bassin de Thau
 

Extrait de la zone commentée
1:100 000, IGN, éd. 1998

Vue d'ensemble
 

Le littoral languedocien compris entre Sète et le Cap d'Agde révèle la modification profonde des espaces littoraux par l'activité touristique.

 

Plan de fiche

Une station créée ex-nihilo
L'intensification touristique
Les concurrences spatiales

 

 

Une station créée ex nihilo : Cap d'Agde


Le remodelage du littoral

 


Le Cap d'Agde
1:50 000, IGN, éd. 1952
 

 


Le Cap d'Agde
1:50 000, IGN, éd. 1990

 

En 1952, le littoral d'Agde, comme les autres côtes languedociennes, est constitué d'un cordon littoral, appuyé sur un môle rocheux d'origine volcanique, et, en arrière-plan, d'une lagune plus ou moins marécageuse (étang de Luno au centre de la carte, étang de Lano au nord-est).

 

 

 

En 1990, l'étang de Luno a été recreusé et aménagé en rade portuaire avec marina. L'étang de Lano a été mis en eau via un grau artificiel percé à travers le cordon littoral. De petites digues protègent les aménagements de l'envasement lié au courant côtier. Le littoral a été complètement remodelé.

 

Le complexe touristique

 


Le Cap d'Agde
1:25 000, IGN, éd. 1999
 

 

Autour de la nouvelle rade se dressent de grands immeubles résidentiels, les pieds dans l'eau. Un habitat collectif mieux à même de rentabiliser les investissements consentis !

 


Le Cap d'Agde
1:25 000, IGN, éd. 1999
 

 

Un peu plus loin du centre du complexe touristique, souvent en arrière du front de mer, se localisent de vastes zones d'habitat pavillonnaire gagnées sur les marais. Noter la densité du bâti.

 


Le Cap d'Agde
1:25 000, IGN, éd. 1999
 

 

Les aménagements ont perturbé l'équilibre dynamique entre le cordon littoral et la lagune. Les plages résistent moins bien à la grosse mer et nécessitent de nouveaux aménagements (épis, brise-lame, réensablement artificiel avant la saison touristique). C'est le cas ici, sur la plage Richelieu.

 

 

 

 

Le réseau de transport

 


L'échangeur d'Agde sur l'A9
1:25 000, IGN, éd. 1999
 

 


Le Cap d'Agde
1:25 000, IGN, éd. 1999

 

De tels aménagements ne sont rentables qu'à la condition d'une bonne desserte de l'espace touristique par les réseaux modernes de communication. C'est aujourd'hui le cas avec le Train à Grande Vitesse (et bientôt la ligne à grande vitesse vers Barcelone) et ici avec l'autoroute. On voit l'échangeur de l'A9 la Languedocienne (en bleu), qui mène toute l'Europe du nord-ouest vers le Midi.

 

 

Les voies rapides de communication plongent au coeur même de la station de Cap d'Agde. On voit ici, coincé entre deux môles, l'échangeur complexe qui relie Sète à Béziers (NE-SW), et l'A9 via Agde qui plonge jusqu'au port, à 100 m de la mer (NW-SE).

 

 

L'intensification touristique


Le développement des marinas

 


Sète
1:20 000, IGN, éd. 1951
 

 


La marina de Sète
1:25 000, IGN, éd. 1999

 

En 1951, la ville de Sète possède une maigre réserve d'espace au sud-ouest du Mont Saint-Clair. Les marais salants sont bien implantés et une usine de produits chimiques s'y est développée. La plage est rectiligne, le cordon littoral est intact.

 

 

 

Pour valoriser son potentiel touristique, la ville de Sète a implanté une marina : les réserves d'espace ont été colonisées, les marais salants rognés, le cordon littoral percé pour créer un port artificiel. La plage de la Corniche a été aménagée : malgré les accumulations sableuses derrière les brise-lame, la plage a reculé par rapport à la route.

 

La multiplication des campings

 


Le cordon littoral au nord de Cap d'Agde
1:25 000, IGN, éd. 1999
 

 

Pas moins de 11 campings sur le cordon littoral au nord-est de Cap d'Agde. Auparavant n'existaient que quelques maisons isolées. Les places sur le littoral sont chères ! Cette multiplication des campings illustre parfaitement l'intensification touristique des trente dernières années.

 

 
Le complexe thermal balarucois

 


Balaruc-les-Bains
1:20 000, IGN, éd. 1951
 

 


Balaruc-les-Bains
1:25 000, IGN, éd. 1999

 

La presqu'île de Balaruc-les-Bains en 1951 : un petit village de quelques centaines d'habitants, ceint de vignes, avec un petit établissement thermal.

 

 

 

En 1999, la population a été multipliée par 12 et compte plus de 5000 habitants. Toute la partie ouest de la presqu'île a été colonisée par l'habitat et la vigne a totalement disparu. Sur les hauteurs de Puech Meja, la garrigue a laissé place à des lotissements d'habitat collectif. L'établissement thermal s'est agrandi et dédoublé au nord. Les fonctions touristiques ont explosé (VVF, campings, centres nautiques). Le goudronnage généralisé favorise les inondations lors des grandes pluies d'automne.

 

 

 

           

Les concurrences spatiales


Des sites exigus

 


Le site de Sète
1:50 000, IGN, éd. 1989
 

 

Les places sont chères sur le littoral car l'espace est soumis à une forte demande et les sites de la côte languedocienne sont exigus (lagune et cordon littoral). La ville de Sète, perchée sur son Mont Saint-Clair, donne une idée des concurrences spatiales qui s'exercent. Les lotissements individuels, souvent des résidences secondaires, sont donc rejetés soit en arrière du front de mer, soit à bonne distance des centres urbains. Les pressions foncières sur la côte languedocienne sont cependant moins fortes que sur la Côte d'Azur.

 
Le mitage de l'espace rural

 


Le Grau d'Agde vers l'est
1:20 000, IGN, éd. 1951
 

 


Le Grau d'Agde vers l'est
1:25 000, IGN, éd. 1999

 

Le village du Grau d'Agde en 1951 ne possède qu'un embryon de station touristique (le triangle rectangle donnant sur la plage). L'est est consacré à un vignoble de masse, strié de chemins d'exploitation et parsemé de quelques bâtiments.

 

 

 

Le même un demi-siècle après : la vigne a totalement disparu, les chemins ont été goudronnés. Les lotissements individuels ont colonisé l'espace suivant un gradient ouest/est, avec quelques reboisements. Quatre campings. Noter la limite nord formée par la route au delà de laquelle le drainage est encore incomplet (station de pompage), ce qui montre bien la valorisation de l'espace à partir du littoral.

 

Une solution : la poldérisation ?

 


Pointe du Barrou à Sète
1:20 000, IGN, éd. 1951
 

 


Pointe du Barrou et île de Thau à Sète
1:25 000, IGN, éd. 1999

 

La presqu'île du Barrou, au nord de Sète sur l'étang de Thau, est encore plantée de vignes. Au nord-est, on aperçoit les installations de constructions navales, déjà désaffectées en 1951. Au sud de la voie ferrée, un terrain militaire, signe d'une pression foncière modeste !

 

 

La situation a été totalement bouleversée en 1999 : la vigne a disparu, le terrain militaire a fait place à des terains de football, l'urbanisation a massivement progressé. La pression foncière est si forte qu'une île artificielle a été créée : l'île de Thau, aménagée en marina de grand standing.

 

 

 

 


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