par Nicolas Cabon Ecrire et Gérard Chappart Ecole Nationale des Sciences Géographiques Ecrire
Technique
cartographique: la sémiologie
Symboles linéaires extraits
d'une légende de carte IGN
La sémiologie graphique (étude des signes et de leur signification)
a pour but de transmettre une information correcte et d'aboutir à une
image cartographique facilement accessible au lecteur.
Il s'agit d'un véritable langage destiné à faciliter la
communication à l'aide d'outils graphiques appelés variables visuelles.
La bonne utilisation de ces variables permet de renforcer
le message tout en le rendant plus lisible.
La forme, la texture-structure, la taille, l'orientation, la couleur,
la valeur, la dynamique
La forme
En sémiologie graphique, il existe une infinité de formes
qui peuvent être classées en trois groupes : les formes symboliques ,
les formes géométriques et les formes conventionnelles.
La texture-structure
Principales questions
examinées à la conférence de la paix
La texture est définie par la forme du point élémentaire
de l'image. On distinguera les textures visibles à l'œil nu des textures
non visibles à une distance normale de lecture. La structure représente
le mode de répartition et l'orientation de ces éléments.
La taille
La taille de l'objet à représenter n'est pas forcement
assujettie à la géométrie de l'objet qu'elle représente. Le choix de la
taille des signes se fera soit en fonction de la vraie grandeur de l'objet
à représenter, de l'importance relative attribuée à l'objet par rapport
aux autres détails de la carte ou de la densité des signes à mettre en
place en fonction de l'échelle.
Cartographie statistique de la
population française
La variable visuelle taille permet de représenter des
quantités (nombre d'habitants), un ordre (grandes, moyennes et petites
agglomérations) et, permet éventuellement de signaler des différences.
L'orientation
Les quatre orientations
Il s'agit de la direction du symbole par rapport aux
directions de la base de la carte (bords verticaux et horizontaux du cadre).
Quatre directions principales sont donc possibles : verticale, horizontale
et deux obliques à 45 %. L'orientation permet de différencier les qualités
des objets géographiques.
La couleur
Le spectre visible
La couleur ou les sensations colorées reposent sur l'existence
de la lumière et plus particulièrement sur les radiations que celle ci
émet.
L'œil humain ne perçoit que les fréquences du
rayonnement électromagnétique comprises entre 400 et 700 nanomètres (10-9
mètres) : le spectre visible. Il est constitué d'une infinité de nuances
allant du violet au rouge. La superposition de toutes ces radiations donne
la lumière blanche. Ainsi, il est possible de reconstituer , avec trois
rétroprojecteurs projetant chacun des radiations rouges vertes et bleues,
les couleurs du spectre : bleu + vert + rouge = blanc. Il s'agit de la
synthèse additive des couleurs. D'autre part, deux à deux, ces couleurs
se combinent comme suit : bleu + vert = cyan, rouge + bleu = magenta,
vert + rouge = jaune.
Cercle chromatique
Les couleurs à prendre en compte dans la reproduction
des couleurs sont les primaires soustractives (cyan, magenta, jaune) qui
sont constituées de pigments colorés et non de faisceaux lumineux. En
superposant ces couleurs transparentes deux à deux ou trois à trois, il
est possible de reproduire toutes les couleurs d'une photographie ou d'une
carte thématique.
En sémiologie, la couleur permet de différencier des
entités géographiques (départements par exemple), elle renforce l'associativité
des symboles en attribuant à chaque grand thème une couleur (tout ce qui
est associé à l'hydrographie est bleu, à la végétation est vert…). De
plus, elle améliore la lisibilité et l'esthétique de la carte. Ainsi,
en s'appuyant sur les propriétés (teinte, saturation, luminance) et les
contrastes (complémentaires, clair - obscur, couleur en soi, chaud - froid,
quantité ou qualité) des couleurs, il est possible de mettre en évidence
des informations de natures différentes (densités, opposition entre thèmes,
thème dominant…).
Carte des pentes de la
région du Pré-Rif au Maroc, échelle du document de
référence 1:100 000
Carte touristique du Mont Blanc, échelle du document de référence
1 : 25 000
La valeur
Il s'agit de la progression continue du blanc au noir
jusqu'à la saturation complète d'une teinte. Cela permet de conserver
l'associativité d'un ensemble d'objets (tous les départements d'une même
région dans la même couleur) tout en créant une différenciation par la
valeur.
En cartographie statistique on pourra utiliser la valeur
pour créer un classement ordonné (l'objet le plus clair étant considéré
comme le moins important). L'utilisation de cette variable est limitée
: 6 à 7 paliers différentiables selon les teintes utilisées.
La dynamique
Liée à l'avènement des outils informatiques, la variable
dynamique permet de suivre en temps réel un phénomène graphique. Dans
une carte de circulation routière, on pourra ainsi visualiser un accident
(point clignotant), un ralentissement (itinéraire clignotant).
Propriétés des variables visuelles
La quantité, l'ordre, la différenciation, l'associativité
Les variables visuelles vont se caractériser par leur
aptitude à mettre en évidence des différences entre entités représentées,
une progression ordonnée de valeurs relatives (densité par exemple), des
quantités ou des similitudes.
La quantité
La quantité permet de définir la valeur absolue d'un
élément géographique (précipitations annuelles, nombre de touristes dans
une ville).
Variable taille
Seule la variable visuelle taille est quantitative et
est souvent utilisée sous forme de cercles de tailles proportionnelles
à des quantités.
L'ordre
Variable visuelle valeur ordonnée
L'ordre permet de pouvoir appréhender une hiérarchie
: une série ordonnée de valeurs relatives (densités de populations) pourra
être utilement représentée par des densités graphiques ordonnées (valeurs
de gris du blanc au noir). Cette propriété concerne la valeur et, à un
moindre degré, la taille.
La différenciation
Le caractère différentiel de certaines variables doit
permettre d'identifier sans ambiguïté les signes se reportant à des thématiques
différentes (industrie et tourisme), à des entités géographiques opposées
(montagnes, plaines) ou à mettre en exergue un élément dans un groupe.
Cette propriété concerne toutes les variables visuelles avec une plus
grande efficacité pour la forme et la couleur.
Carte physique de la
France métropolitaine
Carte administrative
de la France métropolitaine
L'associativité
L'associativité permet d'associer des éléments de nature
différente. Cette propriété permet de regrouper en un seul grand ensemble
(habitat, végétation…), les différents objets d'un thème. Les variables
visuelles valeur et forme peuvent être associatives
Combiner les variables visuelles pour renforcer le message
Couleur et orientation
Couleur et forme
Texture et orientation=valeur
Les six variables visuelles peuvent se combiner entre
elles , ce qui permet de renforcer le message si la combinaison est
bien contrôlée. En effet, l'utilisation de la variable valeur implique
de découper une progression de valeurs de gris du blanc au noir en un
certain nombre de plages. Si le nombre de plages est trop grand, la différence
entre deux valeurs de gris voisines ne sera plus évidente en première
lecture.
De même, l'associativité sémiologique sert le cartographe
quand il en domine l'utilisation. Dans le cas contraire, en utilisant
des formes différentes, on peut constater que leur utilisation à une distance
habituelle de lecture peut amener des confusions qui nuisent à la transmission
du message.